13 mai 2018

« Ces illusions qui consolent mon chagrin »

Alors que l'encens brûle sur ta tombe,
Le soleil de mai réchauffe mes mains
Et dans de vieux fantasmes je retombe :
Les illusions consolent mon chagrin.

Que ton spectre m'apparaisse en vision
Le temps d'un baiser ou bien d'un regard !
Au diable la vie et ses haillons,
Je veux danser sous tes prunelles noires !

Ton parfum me revient souvent en songe
Ainsi que les notes de piano, douces,
Que tu me dédiais sans un mensonge
Et qui caressaient ma crinière rousse.

Là, dans une petite boîte bleue,
Je garde ta photo et puis ta rose
Qui furent tes derniers doux mots d'adieu,
Ceux qui rendirent mes journées moroses.

Laisse donc l'encens brûler, rejoins-moi
Sur ta tombe où le soleil parisien
Scintille, et je t'implore, permets-moi
De succomber à nouveau et avec joie

À ces illusions qui consolent mon chagrin.


© Jusqu'à l'aube

6 mars 2018

« Oubli »

Si loin de mon pays
C'est en vain que j'écris
Dans un vieux journal que personne ne lira
Les tourments de mon âme et ses profonds effrois.

Le temps noircit mes songes
Quel perfide mensonge !
J'ai oublié de la musique la douceur
Comme de tes lèvres l'envoûtante pâleur.

L'esprit vagabondant
Souvenir obsédant
Et ce n'est plus qu'une ombre difforme et lointaine
Qui m'attend patiemment au bord de la fontaine.


© Jusqu'à l'aube

27 janvier 2018

« Valse noire »

Au cours d'un somptueux bal, je vis une femme
Drapée de soie et de dentelle noire.
C'était une mystérieusement belle dame
Qui m'emporta dans une valse noire

Je vis en elle les traits de ma bien-aimée
Elle avait le teint pâle et les yeux noirs
Délicate amoureuse dans le lac noyée
Elle coula sur mes yeux des larmes noires.

Qui es-tu ? Terrible sorcière maléfique
Je suffoque dans ton sourire noir !
Affreuse créature au dessein diabolique
Dans tes sales veines coule un sang noir !


© Jusqu'à l'aube

11 janvier 2018

« Inconsolation »

Désespoir accablant, il se jette à terre
Et implore le cadavre : "aime-moi !
Sous les arbres nus et frêles du cimetière,
Je te veux dans mes bras,
Oh, que je te veux dans mes bras !"


© Jusqu'à l'aube

22 décembre 2017

« Instant »

Un parfum de fruits rouges s'élève dans l'air
Se mêlant à la terre ainsi qu'aux feuilles mortes
Une bougie brûle sous une lune claire
Celle sur ta tombe, qui mon cœur réconforte.


© Jusqu'à l'aube

20 décembre 2017

« Rêverie »

Au milieu de la gare, je vis tes cheveux
D’un noir profond, mi-longs et coiffés avec soin
Le vêtement d’un raffinement délicieux
Mais voilà que, déjà, tu disparus au loin !

Quelle liqueur est-elle responsable, quel poison
De cette belle, de cette triste hallucination ?

D’une élégance victorienne, ton manteau
Resurgit sous mes yeux doucement envoûtés
Et, de ton regard rêvant à un vieux château
Tu m’invitas, belle créature, pour un thé.


© Jusqu'à l'aube

16 décembre 2017

« Luxembourg »

On se perd dans les rues de Luxembourg
À la recherche de beaux et vieux livres
Le pas doux sur les pavés du faubourg
Bercés par un froid qui rend le cœur ivre.

Les yeux posés sur les vitraux violets
L'orgue majestueuse rivalise
Avec l'élégance de ton corset
Et ton parfum qui te rend si exquise !

Une valse dans la neige, lentement
Et je savoure, là, tout doucement
Souvenir d'une mélodie rêvée

Les poèmes allemands que j'ai chantés
À la gloire de tes tristes yeux noirs
Qui de ton âme sont les parfaits miroirs.


© Jusqu'à l'aube

30 novembre 2017

« Un matin en Écosse »

Un matin en Écosse, sous la brume épaisse
Le froid brûlant plonge dans une douce ivresse
Mon esprit admiratif de cette caresse

Châteaux médiévaux et cathédrales gothiques
Une architecture impérieuse et vampirique
D'une élégance sombre et fantasmagorique

Le thé parfume l'air des petites ruelles
Et même quand le bleu ne colore pas le ciel
Édimbourg est d'une beauté perpétuelle.


© Jusqu'à l'aube

20 novembre 2017

« Chimère »

De ta peau cadavérique
S'élance un doux parfum
Mystérieux et froid

Et de tes yeux chimériques
D'un violet nymphéen
Un regard d'effroi.


© Jusqu'à l'aube

16 novembre 2017

« Un automne à Paris »

Alors que la froide pluie repousse les âmes
Et pare d'un étrange silence la capitale infâme
Qui plonge mon esprit dans un morbide calme

Au loin, l'écho d'un clocher aux accents funèbres
Me réjouit et fait voltiger ce cœur avide de ténèbres
Qui des grises journées idolâtre le charme.


© Jusqu'à l'aube